La correction, c’est faire miens les textes des autres…

Salut à toi !

Ces derniers temps, j’ai eu énormément (vraiment, énormément !) de conversations sur ce que je fais.

J’explique et ré-explique. Patiemment, passionnément. Quand on crée son activité sur-mesure, on peut avoir du mal à faire comprendre quel est notre métier, concrètement.  D’ailleurs, je n’ai pas vraiment de métier, ce que je fais est à la croisée de plusieurs chemins. Ca me va bien, pour tout te dire. Je peux ainsi me réinventer à volonté.

Cela dit, à force de discussions, j’ai eu envie de partager avec toi un peu plus l’envers du décor de mon activité.

On y va ?

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de la correction du livre qu’une cliente vient de m’envoyer.
C’est une mission que je prends très au sérieux.

Un livre, c’est un peu comme un bébé. Il grandit en nous, il mûrit, il nous fait passer par toutes sortes de phases émotionnelles…

Et enfin, on en accouche… avec plus ou moins de facilité, plus ou moins de rapidité.
Pour cet accouchement-là, il n’y a pas de péridurale et, bien souvent, trop de forceps.
Alors, quand on me confie un tel projet à relire, c’est une sacrée responsabilité.
Je relis, corrige, réécris éventuellement certaines phrases. Je fais miens les mots des autres.
Je plonge dans l’univers, la tête, le coeur de l’autre. Et je m’approprie ses pensées.
La correction ne consiste pas seulement à reprendre les erreurs d’orthographe et de grammaire.
Il est important de veiller à la cohérence du texte, au style, à la clarté des propos.
Pour ma part, en accord avec mon/ma client-e, je propose des tournures de phrases, je donne des conseils, voire je réécris certains passages.
Tout en respectant le style de la personne, son état d’esprit, son message, bien sûr.
C’est un exercice que j’adore, qui est même assez facile pour moi. Je me mets dans ma bulle, une tasse de café à côté de moi, et c’est parti.
Je m’imprègne du texte à retravailler et je me lance.
C’est facile mais toujours un peu stressant. Rien n’est acquis.
Encore faut-il que la personne se retrouve dans mes mots glissés parmi les siens.
Encore faut-il que j’ai bien compris l’intention de départ.
Encore faut-il que j’ôte au maximum mes propres filtres.
C’est un exercice que j’adore. Un travail de précision, d’empathie, de dépassement de soi aussi.
Je travaille avec des entrepreneur-e-s qui mettent leur âme dans leur projet, dans leurs textes.
Les relire, leur proposer d’autres mots, expliquer mes suggestions, c’est souvent jouer à l’équilibriste.
Comme me l’a dit une cliente : « je dois lâcher prise et te faire confiance. »
Je sais que c’est dur. Je sais l’effort, la confiance nécessaires. Je sais le serrement de coeur pour certain-e-s.
C’est pour cela que je mets la qualité de ma relation avec mes clients par-dessus tout.
Je ne peux pas travailler avec quelqu’un qui doutera de moi, de nous.
C’est pour cela que je prends le temps d’expliquer, en toute transparence, comment je travaille, comment je fonctionne.
Je prends le temps de rassurer quand il le faut. Je prends tout le temps nécessaire.
Je déteste travailler sous la pression du manque de confiance.
Je ne peux pas (ré)écrire et réfléchir si je sens que l’autre m’attend au tournant. Ca ne veut pas dire que j’ai la science infuse, loin de là… mais j’ai besoin de cette confiance mutuelle pour me déployer et donner le meilleur de moi.
Je n’écris pas pour mes client-e-s, je ne suis pas rédactrice. J’écris (éventuellement) à partir de leurs mots.
C’est ce qui m’intéresse.
Leurs mots. Toujours.
Sofia
Article écrit pour et envoyé aux abonnés de ma newsletter : Un Café… et des Mots.
Si tu as envie de nous rejoindre, je t’invite à t’inscrire ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.