Journal de Bord #2 : Ce que je montre et ce que je garde

Salut à toi !

Eh bien, eh bien, je crois que les fins de soirée m’inspirent en fait. 22h48 et de nouveau, cette envie de partager avec toi ma réflexion du moment. Et quand je dis, « du moment », c’est là, tout de suite !Je m’apprêtais à aller me coucher tranquillement mais mon cerveau bruisse de mes dernières lectures et découvertes internet-esques. D’où cet article tardif où j’ai envie de discuter avec toi de ce positionnement que tout-e entrepreneur-e se pose, surtout si son activité est liée à Internet et à sa personnalité : qu’est-ce que je montre ? qu’est-ce que je garde ?

Et ce n’est pas du tout anodin, comme sujet. Quelles facettes je présente au public, à ma communauté, à mes potentiel-le-s client-e-s ? Quelles sont celles que je garde pour moi ? Je me pose cette question depuis un bout de temps et j’ai choisi de montrer de moi ma vulnérabilité, mes centres d’intérêt, en particulier l’art journaling et la créativité, un peu de développement personnel. Mais quid de mes engagements citoyens, de mes convictions politiques, de ma vision du monde ? Honnêtement, je me suis demandé si je n’allais pas ouvrir un autre blog, anonyme, pour y parler de sujets plus sensibles, plus clivants, plus engagés. Parce que je ne voulais pas mélanger mes opinions et mon entreprise. Jusqu’à ce que je réalise que c’était parce que j’avais l’impression que cela « ne se fait pas ». Et pourquoi cela ne se ferait-il pas ? A cause de quelque standard consensuel et bien-pensant ?

En même temps, je ne suis pas du genre à cloisonner. Certain-e-s le font très bien. Pas moi. Je suis entière, engagée, passionnée, indignée par plein de situations, enthousiasmée par d’autant plus de sujets. Et je me dis que, quelque part, j’aurais l’impression d’être hypocrite en bloguant anonymement ailleurs, tout en tenant un discours politiquement correct ici. Pire qu’hypocrite. J’aurais l’impression de me renier.

Je ne dis pas que je vais me mettre à raconter ma vie dans ses moindres détails, ni te dire pour qui je vote (si je vote !), non… Quand je parle de politique, j’entends cela au sens large, au sens du vivre ensemble, au sens de la vie collective, … parce que je me vois mal parler de choses « gentilles » ici et taire mes indignations face au sexisme, au racisme, à toutes les haines, ces comportements qui me révoltent au plus profond de moi. Parce que je veux assumer mes valeurs, mes convictions et ne travailler qu’avec des personnes qui les partagent. Travailler avec un macho ? No way. Collaborer avec un-e raciste ? Hors de question. Je veux être claire sur ce qui m’anime, ce qui me fait vibrer (et je ne parle pas que de hobby !), ce qui est ok pour moi et où est la limite. Et elle est clairement sur mes valeurs. Il y a des choses non négociables pour moi. Je veux être une entrepreneure, oui, créative, oui et j’ai envie d’ajouter : engagée. Je ne suis pas là uniquement pour gagner ma vie. Bien sûr, je souhaite vivre confortablement. Tout comme je veux contribuer à construire une société juste, égalitaire et respectueuse de chacun-e. J’ai envie de me retrousser les manches et, comme tant d’autres, de faire en sorte que notre monde soit un peu plus en paix chaque jour. Et pour cela, il y a des schémas à déconstruire, des dominations à combattre, des conditionnements à démolir, des apprentissages à faire, même (surtout ?) quand ils sont douloureux. Et je choisis d’assumer cela. D’assumer que parfois, je pousserai une gueulante (comme ce 8 mars où je me suis énervée sur Instagram parce que je n’en pouvais plus que tant de gens et d’entreprises nous bassinent encore avec leur « Fête de la Femme » ou « Journée de la Femme ») et d’autres fois, je partagerai un écrit, une vidéo, une citation qui me fait vibrer. Je décide d’ouvrir ma communication, de faire porter ma voix aussi sur ces sujets qui sont importants pour moi. Car je ne peux dissocier mon activité professionnelle de ma vision politique de la société. Parce que je réalise à quel point j’ai du plaisir à travailler avec des personnes porteuses d’une vraie vision progressiste et humaniste et que j’ai envie de continuer sur cette lancée.

Et bien sûr, il y a aussi ce que je décide de ne pas montrer : ma vie de famille, notamment des photos de mon fils, et ma vie sociale. Cela m’appartient. La barrière se situe là pour moi.

Bien sûr, ces choix de ce que je rends public ou ce que je garde privé m’appartiennent. Et selon les personnes, ces décisions vont varier, les limites ne seront pas les mêmes, les barrières non plus. Et c’est tant mieux ! C’est à chacun-e de nous de prendre la responsabilité de qu’on souhaite partager, en conscience (et non pas pour suivre telle ou telle mode, telle ou telle injonction !).

Et toi ? Que choisis-tu de partager sur Internet ? Sur les réseaux sociaux ? As-tu des limites claires, non-négociables ? ou pas ? Je t’invite à y réfléchir et, si tu en as envie, à entamer la discussion ici !

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