Journal de Bord #1 : Où il est question d’Acceptation de soi

Salut à toi !

Allez, ce soir, je laisse tomber les codes, le calendrier éditorial et les bonnes pratiques bloguesques.

Ce soir, j’ai envie de te parler de coeur à coeur (oui, bon, comme d’hab en fait ! 😉 et de commencer une nouvelle série d’articles : un Journal de Bord d’Entrepreneure créative.

Je ne m’impose pas de rythme de publication, pas d’impératifs. J’ai juste envie de partager avec toi mon expérience d’indépendante, mes apprentissages, mes doutes, l’harmonie que j’essaie de créer entre mon activité entrepreneuriale, mes activités artistiques et littéraires et… le reste de ma vie !

Mes essais d’organisation et mon besoin de spontanéité. La recherche du bon cadre pour travailler et la nécessité de garder de la souplesse. Dans un cadre trop rigide, j’étouffe, je m’éteins.

Et que c’est dur, mais que c’est dur pour moi de trouver le bon dosage ! J’ai été éduquée dans un cadre bien délimité, pour ne pas dire strict. Cadre duquel j’ai largement débordé pendant mes études, j’en avais bien besoin, avant d’y revenir dans le salariat. Jusqu’à en devenir allergique. Jusqu’à ne rêver que de journées de liberté totale et d’inspiration bohème. Mais ça ne marche pas comme ça. Autant je ne supporte plus le cadre rigide, imposé de l’extérieur, autant j’ai vite compris que la liberté absolue d’improviser au jour le jour est un fantasme réservé aux vacances… parce que, quand tu montes ton entreprise, tu as besoin de discipline. Et même, comme l’a dit une de mes coachs, de « déli-scipline ». Ou comment parvenir à mettre du sens et du plaisir dans la discipline.

Argh.

Concept… étrange.

Et même flippant.

Plaisir et discipline, dans la même phrase ? Vraiment ? Vous êtes sérieux, les gars ?

J’ai tâtonné, pendant des mois. Me suis découragée, ai procrastiné, ai culpabilisé. Me répétant sans cesse que j’étais paresseuse et sans volonté.

Que veux-tu, quand tu t’es construite sur le modèle du travail à tout prix, du « pour réussir, il faut travailler dur », ces réflexes sont bien ancrés. Et puis, dans le salariat, il y a aussi cette idée d’être payé à la tâche, à l’heure, d’être productif et rentable non ? j’ai mis du temps à me déconditionner. A accepter d’avoir un rythme différent, d’être capable d’abattre une charge énorme de travail en peu de temps, mobilisant une masse d’énergie conséquente… pour respecter, ensuite, mon besoin de me reposer. J’ai mis du temps à accepter de faire une pause quand mon corps me rappelle à l’ordre. A faire la différence entre les moments où je dois récupérer et les moments de flemmardise qui nécessitent de me secouer. Désormais, j’ai une stratégie qui marche à tous les coups : quand la flemmardise se fait trop pressante, je vais travailler à l’extérieur. Le changement d’environnement me donne le coup de fouet suffisant pour me remettre en selle. Et j’apprends à reconnaître la vraie fatigue qui appelle un break.

C’est intéressant, vraiment, l’apprentissage accéléré de mon rythme, de mes besoins, de mes aspirations et aussi de mes imperfections. En quelques mois, j’ai plus appris sur moi qu’en 37 ans de vie ! Instructive, déstabilisante, épanouissante, effrayante… ma nouvelle vie est un cocktail explosif de sensations fortes ! Et que je les aime, ces émotions ! Elles me font vibrer, me font sentir tellement vivante. J’apprends à les accueillir, à admettre qu’elles sont passagères et que la peur d’aujourd’hui, demain laissera la place à la joie. Et inversement. Oui, ça aussi, j’apprends à l’accepter.

Je t’écris, les doigts glissant sur le clavier d’eux-mêmes. Et je m’aperçois à quel point je répète le mot « accepter ». Je suis tentée d’aller consulter mon meilleur ami, le génial dictionnaire des synonymes Crisco mais je m’abstiens. Car s’il y a une leçon que j’ai apprise depuis que j’ai commencé à travailler pour moi, c’est bien l’acceptation. De ne pas tout maîtriser, de faire des erreurs, d’accueillir les compliments, de chercher mon rythme et mon organisation, de trouver les journées trop courtes quand je suis en forme et interminables quand j’ai envie de glander mais que je ne peux pas.

Acceptation de ne pas suivre les conseils en marketing, que je suis INCAPABLE d’appliquer. Et d’être ok avec ça. Acceptation de faire un métier qui n’a pas de nom, d’expliquer ce que je fais de dix manières différentes dans la même soirée… et que ce ne soit pas toujours clair pour la personne en face. Et d’être ok avec ça. Acceptation de croire, fort fort fort, que c’est mon énergie qui fait venir mes clients à moi. Acceptation de croire, fort fort fort, que c’est quand je vibre dans mes domaines de prédilection que je partage le mieux mon message, que j’ai les échanges les plus intéressants, les plus authentiques !

Dans tout ça, il n’est question que d’une chose, en fait : l’Acceptation de soi. L’acceptation de ses particularités, de sa singularité, dans un environnement social qui n’est pas toujours aidant à ce niveau-là.

Et c’est ce que je fais dans mon-métier-qui-n’a-pas-de-nom. Ce que je préfère. Amener la personne à écrire telle qu’elle est, être fière de ce qu’elle a écrit et oser s’exprimer en public. J’allais écrire « lancer ses écrits dans le monde » mais ça fait un peu trop lyrico-grandiloquent, non ?

Article écrit en écoutant du Metallica et terminé sur ce morceau : Sad but True (de temps en temps, je réécoute mes amours d’adolescence et ça fait du bien !) 

A très vite et, en attendant, prends soin de toi et de ta créativité !

Sofia

3 réponses

  1. Francoise dit :

    Sofia, il est 6h10, je lis ton article dans mon lit, au réveil et je kiffe. Je reçois ton énergie et je kiffe. Merci pour ce partage, tu viens de faire ma journée 😄 Ton modèle d’entreprenariat m’inspire et me parle tellement. Longue vie au journal de bord !

  2. Hello Tira,

    Vendredi matin…Et longue semaine pénible pour moi: solitude, longs tunnels administratifs, batailles contre les services publics, refus, aberrations, découragements, lutte contre les échappatoires disponibles dans ma tête et au bout de mes doigts.
    Bref…Se dire trop souvent qu’on sème beaucoup mais qu’on recolte peu. Etre indépendant dans des domaines un peu insolites. J’ai bien lu ton post…j’espère qu’il va me remettre le pied à l’étrier.

  3. Marie dit :

    Super cette nouvelle série d’articles ! En effet, plaisir et discipline dans la même phrase, ça peut paraître chelou, mais essentiel dans nos vies trépidantes d’entrepreneurs 😍 ça me fait penser à un article que j’ai écrit il y a longtemps « La discipline c’est fun ! » Merci de partager avec nous ton cheminement organisationnel ☀️

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