Ecriture – Plan structuré ou écriture au fil de l’eau ?

Salut à toi !

Aujourd’hui, j’aborde une question que je croise souvent dans les conversations entre écrivant-e-s. Une question que je me pose régulièrement : vaut-il mieux écrire avec un plan structuré à l’avance ou écrire au fil de l’eau ? C’est une question qui, tu t’en doutes, n’a pas de bonne réponse.

Depuis que je me suis lancée dans l’écriture de mon roman (en réalité, depuis que j’écris de la fiction, c’est-à-dire depuis l’enfance !), j’ai toujours écrit au fil de l’eau. J’ai laissé mes personnages apparaître, je les ai aidés à grandir. J’ai laissé leurs aventures naître au bout de mes doigts, sans vraiment essayer de contrôler les évènements. J’ai commencé l’écriture de mon roman par le milieu de l’histoire. Puis, à un moment donné, j’ai ressenti le besoin d’écrire le début. Alors, j’ai repris mon récit au début et j’ai enchaîné les phrases.

J’écris sur Evernote. C’est une application de notes simple, épurée, synchronisée entre mon ordi et mon téléphone. J’écris souvent sans trop réfléchir, laissant l’histoire se dérouler sous mes yeux. Je la vois naître en même temps que je tape sur le clavier.
Je m’assieds sur ma chaise et je ne sais pas trop où elle va me mener. En général, je relis le paragraphe précédent et continue sur la lancée.
En décembre, j’ai pris conscience que je partais un peu trop dans tous les sens, que je m’attardais sur des détails sans importance. J’ai pris conscience que je ne construisais pas une histoire mais que je me faisais plaisir avec des histoires. Et je suis totalement ok avec ça. Ces mois m’ont permis de planter le décor, de développer des histoires secondaires, de mieux connaître mes personnages et de creuser mon univers. J’invente un nouvel univers, alors il m’a fallu du temps pour me le représenter, le laisser croître en moi, me l’approprier.

Aujourd’hui, j’ai envie d’entrer dans le vif du sujet, de donner corps au livre, pleinement. Enfin.
Pour ça, j’ai décidé d’utiliser quelques outils spécifiques :
– mon incontournable Evernote
– mon carnet dédié à la créativité, où je note toutes mes réflexions sur le processus créatif.
– le carnet d’Ecriture de Shealynn Royan
Scribbook, l’application sur laquelle je développe mon roman (je t’en parle plus bas)

Et de m’appuyer sur des communautés avec lesquelles échanger :

le Laboratoire d’Ecriture Créative, le groupe Facebook que j’ai créé dans une volonté de partage.
– Leela, le programme en ligne de Lyvia Cairo, auquel j’ai souscrit pour bénéficier d’une dynamique collective pendant 3 mois.

Et surtout, surtout, la volonté d’être plus assidue, de donner la priorité à mon Art et de me donner les moyens de faire aboutir ce beau projet qui me fait tant vibrer.

Comme je te le disais, je déploie mon roman sur Scribbook. Il y a un an, j’avais créé un semblant de plan, en me disant qu’il me servirait de balise. Et j’y ai plusieurs fois copié mes textes depuis Evernote. Mais pas le début de l’histoire. Jusqu’à vendredi dernier.

Vendredi dernier, j’ai ouvert Scribbook et je suis retombée sur le plan initial. Mes idées de démarrage du roman. Et de l’autre côté, j’avais mon texte sur Evernote, qui n’avait rien à voir, et qui, je m’en suis aperçue, n’était pas réellement le début de l’intrigue. Alors que souvent, suivre un plan pré-écrit a tendance à me frustrer, là, je me suis sentie soulagée. Soulagée de ne plus avancer à l’aveuglette, et surtout d’avoir une ligne directrice pour m’empêcher de partir dans tous les sens. Les premières lignes qui ouvrent le livre ont alors coulé de mes doigts sans une once d’hésitation. Je sens que je suis enfin sur les rails. Des rails que j’ai choisis. Je sens que ces mois d’écriture où je me familiarisais avec ce nouvel univers étaient la préparation de la voie ferrée.

J’apprends à me connaître peu à peu, à découvrir l’écrivain que je suis, j’apprends à apprivoiser l’écriture, le processus long, j’apprends à construire, à déconstruire et à recommencer. J’apprends à prendre plaisir à divaguer et à revenir sur ma route, pleine d’inspiration. J’apprends le plaisir de la contrainte du plan, et la liberté de le malmener à ma guise (je t’avoue, j’aime bien cette liberté-là !).

J’apprends qu’il n’y a pas de règle. En fait, je le savais déjà. C’est d’ailleurs ce que je passe mon temps à dire à mes clients.
Mais l’écriture me ramène sans cesse à la leçon la plus importante : dans le processus, j’ai le droit, j’ai la liberté de pouvoir explorer différentes pistes, de m’amuser, d’effacer, d’inventer encore et encore, sans jugement, sans (auto-)censure. Aujourd’hui, avec tout cela, vient le temps de la structuration. Liberté et planification.

J’ai hâte de partager avec toi les apprentissages que je vais faire dans les prochaines semaines !

Et toi ? Comment écris-tu ? As-tu trouvé ce qui te va le mieux ? Quelles sont tes difficultés ? Tes découvertes ? Tes joies ?

Créativement,

Sofia
Créatrice enthousiaste, Curieuse insatiable, Authentique passionnée !

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4 réflexions sur “Ecriture – Plan structuré ou écriture au fil de l’eau ?

  1. Isabelle dit :

    Je retrouve dans ton processus d’écriture et d’expérimentations pratiques une grande similarité avec ce que je vis lorsque je peins. Les deux façons de faire se nourrissent l’une de l’autre à mon sens, de la même façon que la créativité a besoin d’une grande liberté et de contraintes pour s’épanouir.
    Il n’y a pas de règle, si ce n’est de s’y coller ! 😉

    • Sofia dit :

      Je suis bien d’accord ! J’ai aussi remarqué le même processus avec l’art journaling. J’aime alterner les pages où je n’ai aucune contrainte (si ce n’est la taille de ladite page !) et où je peux explorer différentes façons de créer, et les pages où je me crée des contraintes (un sujet, un medium à utiliser, une intention de départ…) et qui, souvent, me permettent d’aller plus loin que ce que j’avais pensé.
      La contrainte est libératrice en ce sens qu’elle nous donne un point de départ, du moment qu’elle ne bride pas notre imaginaire ou n’est pas incompatible avec notre façon d’être.

  2. Nmb dit :

    Bonsoir je n’écris pas de longues proses. Des nouvelles tout au plus qui ne dépassent pas une trentaine de page. Par contre je sais exactement comment cela va finir. C’est la fin d’une idée qui me pousse à écrire le début d’un texte d’une fiction. J’écris plutôt du théâtre. Mais pour les nouvelles comme pour le théâtre je rempli d’abord un cahier avec des idées des phrases ou des courts paragraphes. Parfois le premier jet même souvent est manuscrit. Ensuite je tape sur Evernote ou directement sur Word je tape beaucoup pour ensuite faire des grandes coupes. Par exemple j’écris le dialogue d’un procès pour ensuite laisser qu’une seule ligne en disant qu’un procès a eu lieu. J’aime aussi l’art du recyclage. Ce qui n’a pas pu rentrer dans un texte peut me servir six mois après pour un autre texte. Souvent on ne change en même pas une virgule. Je suis du type obsessionnel cela veut dire que mes histoires en prose ou en théâtre sont souvent des déclinaisons et des échos d’un même noyau d’idées. Je pense que cela dépend du cerveau de chacun. Il paraît que je suis bon pour les correspondances et les résonances, il paraît que j’arrive bien affaire le lien entre des fragments.
    À bientôt

    • Sofia dit :

      Je crois aussi qu’il y a autant de façons de créer que de créateurs. Même si on peut se reconnaître dans la façon de faire d’une personne, on a forcément ses propres mécanismes. J’aime bien ce que tu dis sur ton côté obsessionnel. Il permet d’explorer de façon approfondie et sous des angles variés un même sujet. Je n’ai pas trop cette tendance à l’écrit. Mais en art journaling, clairement, oui. J’explore beaucoup la notion de féminité, de féminin sauvage, certaines symboliques, à travers des techniques, approches, questionnements différents.

      Dans ta façon de procéder en écriture, ce que tu dis me fait réaliser que, pour mon roman, j’écris essentiellement sur l’ordi, alors que j’ai commencé une nouvelle il y a quelques temps, et en ce qui la concerne, je n’écris que dans un cahier… impossible de sortir un mot sur l’ordi pour l’instant. Est-ce que le format y est pour quelque chose ? Ca me donne matière à réflexion !

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