Le jour où j’ai arrêté de vouloir écrire des articles parfaits…

Pendant longtemps, j’ai voulu écrire des articles parfaits. Alors j’écrivais, je corrigeais, je relisais, je corrigeais encore, j’effaçais, je recommençais… J’ai fait ça des dizaines de fois. Je voulais des articles beaux, clairs, structurés, intéressants, drôles, fins, éclairants, instructifs, personnels-mais-pas-trop, avec une touche de désinvolture et beaucoup de sérieux… jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’en fait de blog, je n’avais qu’une coquille vide dont le tableau de bord était rempli de brouillons inachevés et surtout non-publiés.

J’écris en mode automatique, j’écris ce qui me vient du coeur, comme une urgence, un élan incontrôlable, le besoin, là, tout de suite, de sortir un article, un texte, un bout de roman, un poème de ma tête.

J’écris en mode automatique, imparfait, très personnel, pas toujours clair ni structuré, pas toujours désinvolte ni drôle, ni sérieux…
J’écris vite, la tête vide, les doigts pianotant seuls sur le clavier. Les mots s’alignent en phrases libres et spontanées, et mon souffle retenu est soudain relâché dans un soupir. Respire. J’écris comme on plonge dans les profondeurs marines, dans l’exploration de récifs inconnus, effrayants, beaux, terribles. La beauté peut faire peur. Morbide. Lumineuse dans sa perfection, sombre dans son éclat. Parfois, je la touche du bout des doigts et la tentation est grande de revenir à la platitude monotone du cadre formel et de l’écriture impersonnelle.

Erreur.

Car sous l’apparente beauté glaciale, quand on gratte, on trouve souvent des pépites incrustées. Elles sont souvent mal dégrossies, cabossées, elles n’ont rien d’attirant de prime abord. Mais quand tu y regardes de plus près, que tu les tournes vers la lumière, alors tu aperçois LE reflet, celui qui te coupe la respiration, qui fait monter les larmes aux yeux, celui qui t’attendait.
Alors, oui, c’est vrai, ta pépite est imparfaite, mais c’est la tienne.

J’ai souvent ce sentiment quand j’écris, quand je délaisse les règles, les recommandations et tous les conseils pour écrire un “bon” article de blog et que je m’autorise à écrire comme je suis. A écrire qui je suis.

Ca m’a pris du temps d’oser le faire. Et encore aujourd’hui, quand j’appuie sur “Publier”, j’ai ce petit pincement dans le ventre, ce petit battement trop rapide du coeur, qui marquent le trac. Est-ce que mon article va plaire ? Est-ce que ça a du sens ? Est-ce que c’est ce qu’il fallait faire ?

Je ne sais pas. Je m’en fous. En réalité, non, ce n’est pas vrai. J’aime que mes écrits plaisent et aient du sens, ne serait-ce que pour une personne. Mais j’ai décidé de ne pas écrire pour plaire. J’écris simplement et je sais que d’autres sensibilités rencontreront la mienne.
N’est-ce-pas là l’essentiel ?

Alors, à toi qui me lis et qui n’oses pas.
A toi qui en rêves mais qui te limites.
A toi qui te tiens au bord de la falaise, en regardant en bas.
A toi qui te tiens au bord du terrain en admirant les autres jouer.

Saute.
Joue.
Plonge.
Explose tes barrières.

Ecris.
Ecris ce texte qui te hante.
Ecris ton message brûlant.
Ecris ton article urgent.
Ecris ce poème maudit.
Ecris cette histoire sans queue ni tête.

Après tout, écrire, c’est s’amuser, s’oublier, s’inventer, se réinventer, se désinventer.
Ecrire, c’est tellement simple, futile, indispensable, dur, évident, compliqué, fluide à s’en arracher les cheveux.

Ecrire, c’est tellement beau, libérateur. Comme un détachement de soi en soi.
Mes phrases ne veulent plus rien dire et pourtant, je peux continuer à les aligner, à leur donner du rythme, une sonorité, de la poésie, un capharnaüm de poésie.

Et je peux aimer ça.

Ne pas respecter les contraintes, les conventions.

Aimer ça.

S’amuser des mots. Sauter des lignes. Ecrire un mot, une syllabe, un verbe.
Rire.
Ou pas.

Jouer.
Sérieusement.
Avec.
Les.
Lettres.

Chaque jour, à chaque instant, ne vivre que pour ça, liberté absolue, être soi.

A V.

Sofia

Magicienne des Mots, je mets la Curiosité et la Créativité au Coeur de mon Quotidien.

4 thoughts on “Le jour où j’ai arrêté de vouloir écrire des articles parfaits…

  1. Luna says:

    Merci pour ça, ça fait du bien à lire. Perso j’en ai aussi bien marre du “bullshit marketing” du “bon” article de blog. Si on ne peut pas être pleinement soi-même même sur son bout d’Internet et qu’on en est encore à être en quête de followers et d’approbation ben on sera soi-même nulle part au final, le problème sera général.

    Perso mon blog c’est mon espace, je ne veux certainement pas plaire à tout le monde, et si tu regardes bien tous les blogs qu’on aime sont des blogs des gens qui ont cette ligne au final. On est bien loin des sirènes hurlantes, agressives et bourrées d’injonction des gourous du marketing.

    Ça c’est bon pour vendre des trucs bidons à des gogos, pas pour produire des écrits sincères et qui ont du sens.

    • Sofia says:

      🙂 Je te rejoins à 2000% et c’est aussi parce que je me suis mise à lire ET à échanger avec des personnes qui écrivent en toute sincérité que j’ai osé nourrir mon blog, puis mettre en place toutes mes activités autour…
      Et tu as raison, aujourd’hui, on lit des personnes qui nous ressemblent, dans le sens où elles partagent ce qu’elles ont dans le coeur et la tête et pas des messages télégraphiés ! (et ça fait du bien !)

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