J’écris… Face à l’éléphant

4 ans déjà, mon ami. Un poème, comme une trace…


Face à l’éléphant

Il veille sur ton sommeil éternel de son regard millénaire.
Il étend son flanc tout près de toi et règne sur les tiens.
Il t’offre le soleil comme sourire du matin
Et la brume perçante et froide témoigne de son chagrin.
L’olivier t’enveloppe de ses branchages
Et nourrit de ses fruits la terre qui te borde.
Tu contemples la montagne, de ta dernière demeure,
Entouré des tiens comme ultimes voisins.

Nous t’avons escorté pour ton dernier voyage
Et pour nous, désormais, ta mort n’est plus un mirage.
La tristesse est en moi, ainsi que ton souvenir.
Je n’oublierai jamais l’éclat de tes yeux bleus
Et ton sourire chaleureux.
Tu nous as quittés, salopard,
Sans crier gare.
Et maintenant, il va nous falloir apprendre
A vivre sans toi, ton humour, ton amitié.

Au Tchin, on n’ira plus trinquer,
C’est désormais en nous, en moi,
En tous ceux qui t’aimaient
que ton esprit vivra, et que ton coeur battra.
J’ai envie de te parler mais les mots sont trop durs
Et ma gorge se serre, impossible de les prononcer.
Alors je t’écris ce poème, pour te dire
Que tu vas me manquer et combien j’ai pu aimer,
Et ta compagnie, et tes gaffes, et tes blagues.

Je reviendrai te voir, l’ami, et te raconter encore
Les aventures sans fin de tes amis toulousains.
Je reviendrai te voir, l’ami, sans pleurs et sans regrets,
Avec dans le coeur, notre belle amitié.

Tu étais mon chouchou, de tous nos copains,
Celui avec lequel je m’entendais si bien.

Et le Monde diplo, et Inter, et Mermet,
Je les lirai et les écouterai toujours
Pour mieux te raconter les horreurs de ce monde
Et les espoirs nés du combat des hommes,
Qui ne baissent pas les bras.
Je te raconterai comment ce monde si fou
L’est encore plus maintenant que tu nous as quittés.

Je pleure et vais pleurer encore
Pour longtemps notre amitié perdue
Et ta vie à jamais suspendue.

Le soleil caresse la terre qui t’entoure
Et les oiseaux chantonnent leurs rythmes troubadours.
Tu tapes dans tes mains, pour les accompagner,
Au-delà de la Mort et de son froid cercueil.
Tu tapes dans tes mains, au-delà de la Mort
Et c’est un froid soudain qui m’étreint.
Tu tapes dans tes mains, au-delà de la Mort
Et malgré mes pleurs, je t’entends chanter.
Tu tapes dans tes mains, au-delà de la Mort
Et avec toi, je me mets à danser.

A K., parti trop tôt, trop loin

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